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Colères du tout-petit : comprendre la phase d’opposition et y réagir

Les colères du tout-petit sont une étape normale entre 1 et 4 ans : l’enfant veut s’affirmer mais ne sait pas encore gérer sa frustration, et son émotion déborde. Voici pourquoi elles surviennent, comment réagir pendant et après la crise, comment en prévenir une partie, et quand demander de l’aide.

Par la rédaction · publié le · 6 min de lecture

Sommaire
  1. Pourquoi le tout-petit fait-il des colères ?
  2. Les déclencheurs les plus fréquents
  3. Comment réagir pendant la crise
  4. Après la colère
  5. Prévenir une partie des crises
  6. Ce qu’il faut éviter
  7. Quand vous êtes à bout
  8. Quand consulter ?
  9. Questions fréquentes
Illustration d’un cœur entouré de petits éclairs, symbole des émotions fortes

Pourquoi le tout-petit fait-il des colères ?

Vers 18 mois à 2 ans, l’enfant découvre qu’il peut dire « non ». La grille officielle de repérage du développement en fait d’ailleurs un repère attendu à 18 mois : être capable d’exprimer un refus, par un mot, un mouvement de tête ou un geste. C’est le début de la phase d’opposition, que les Anglo-Saxons appellent le « terrible two ».

Il marche, explore, veut faire seul, mais se heurte sans cesse à des limites : le danger, le temps, les règles de la maison. Or il n’a pas encore les outils pour encaisser la déception. Le site officiel des 1000 premiers jours (Santé publique France) l’explique : jusqu’à 3 ou 4 ans, le cerveau d’un enfant n’est pas assez mature pour se calmer seul ou supporter une frustration sans explosion ; il en devient capable vers 5 ou 6 ans. Il ne cherche donc ni à vous embêter ni à vous manipuler.

Le langage joue aussi un rôle : quand on ne peut pas encore dire « je suis fatigué » ou « je voulais finir mon jeu », on crie, on se roule par terre, on tape. Les colères se font souvent plus rares à mesure que les mots arrivent ; notre article sur le développement du langage détaille ces étapes.

Les déclencheurs les plus fréquents

SituationCe qui se passe pour l’enfantPiste pour prévenir
Fatigue, sieste sautéeMoins de réserves pour supporter la contrariétéGarder des horaires de sommeil réguliers
FaimIrritabilité, surtout en fin de matinée ou d’après-midiPrévoir le goûter, ne pas décaler les repas
Interdiction ou « non »Frustration de ne pas obtenir ce qu’il veutExpliquer brièvement, proposer autre chose
Transition (partir du parc, arrêter un jeu)Il vit dans l’instant et ne veut pas interrompre son plaisirPrévenir quelques minutes avant, avec un repère concret
Vouloir faire seulIl échoue (chaussure, tour de cubes) et enrageLaisser du temps, aider juste un peu
Changement (crèche, naissance, déménagement)Insécurité, besoin de repèresMaintenir les routines, rassurer

Comment réagir pendant la crise

Les conseils du site des 1000 premiers jours tiennent en quelques gestes :

  1. Vous calmer d’abordPrenez quelques secondes pour respirer et reconnaître votre propre émotion. Cela évite de réagir de façon blessante ou violente.
  2. Le mettre en sécuritéS’il se roule par terre, écartez ce qui pourrait le blesser. S’il tape ou mord, retenez doucement son geste.
  3. Mettre des mots sur son émotion« Tu es en colère parce que j’ai dit non ? », « Tu es triste de partir du parc ? » plutôt que « ce n’est rien ».
  4. Proposer votre présenceUn câlin, vos bras, ou simplement rester près de lui s’il refuse d’être touché. Le laisser seul pleurer jusqu’à ce qu’il se calme est déconseillé.
  5. Tenir la limiteConsoler ne veut pas dire céder : s’il crie pour des bonbons, vous l’aidez à traverser sa colère, mais il n’a pas les bonbons.
  6. Parler peuPendant le pic, les longs discours ne passent pas. Les explications viendront après.

En public, le regard des autres pèse. Concentrez-vous sur votre enfant, pas sur les passants : quelques mots calmes et votre présence valent mieux qu’une réaction pour sauver la face.

Après la colère

Une fois le calme revenu, retrouvez ensemble ce qui l’a déclenchée, avec des mots simples. Comprendre les raisons de ses colères vous aide à les anticiper et à garder votre calme la fois suivante. Rassurez-le : vous l’aimez toujours, même quand il est en colère et même quand vous lui dites non. Évitez de revenir sur la crise pendant des heures ou de la raconter devant lui à d’autres adultes.

Prévenir une partie des crises

  • Des routines stables (lever, repas, sieste, coucher) : elles rassurent et donnent des repères.
  • Peu de règles, claires, répétées avec constance par tous les adultes : un tout-petit a besoin de temps pour comprendre ce qu’on attend de lui.
  • Mettre hors de portée les objets dangereux ou interdits : autant de conflits évités.
  • Détourner son attention vers un autre jeu ou une autre activité quand un conflit s’annonce.
  • Lui laisser de petits choix (« le pyjama bleu ou le vert ? ») pour qu’il se sente acteur.
  • Exprimer votre désaccord sans le juger : « Je vois que tu fais ça. Je ne suis pas d’accord. On va faire autrement. »
  • Lui donner chaque jour de quoi se dépenser : nos activités pour un enfant de 2 ans proposent des jeux pour bouger et se défouler.

Certaines périodes réveillent l’opposition, comme l’apprentissage de la propreté ou l’adaptation à un nouveau mode de garde : allégez les exigences sur le reste pendant ces moments.

Ce qu’il faut éviter

La loi du 10 juillet 2019 interdit les violences éducatives ordinaires : l’autorité parentale s’exerce sans violences physiques ou psychologiques. Cela inclut la fessée, la gifle, le fait de secouer un enfant, mais aussi crier des insultes, se moquer, menacer (« je vais te laisser ici »), humilier. Ces pratiques ne changent pas le comportement de l’enfant et peuvent entraîner anxiété, agressivité ou perte de confiance.

Évitez aussi de récompenser le retour au calme avec de la nourriture ou un écran : l’enfant apprendrait que la crise rapporte. Et ne prenez pas la colère pour un défi personnel : c’est une émotion qui déborde, pas une provocation.

Quand vous êtes à bout

Être chaleureux, constant et patient n’est pas toujours possible, surtout quand on est épuisé ou peu entouré. Si vous sentez monter de la colère ou de la violence en vous, mettez votre enfant en sécurité (dans son lit ou son parc), isolez-vous quelques minutes pour vous calmer, et passez le relais à l’autre parent ou à un proche si vous le pouvez. Ne secouez jamais un enfant.

En parler aide : votre médecin, le centre de PMI, un lieu d’accueil enfants-parents ou d’autres parents peuvent vous soutenir. Si vous avez aussi un nourrisson à la maison, notre article sur les pleurs de bébé peut vous aider à comprendre ses besoins. En cas de maltraitance dont vous êtes témoin, le 119 (Allô Enfance en danger) répond jour et nuit.

Quand consulter ?

Les colères sont normales, mais parlez-en au médecin qui suit votre enfant ou au centre de PMI si :

  • les colères sont violentes, répétées et inconsolables, presque tous les jours ;
  • il se fait mal (se tape la tête, se mord) ou blesse régulièrement les autres ;
  • l’opposition aux adultes est forte et quasi systématique ;
  • les crises s’accompagnent d’un retard de langage, de difficultés à jouer avec les autres enfants ou de troubles durables du sommeil ;
  • il perd des compétences qu’il avait acquises ;
  • vous vous sentez dépassé ou inquiet.

Ces éléments figurent dans la grille que les médecins utilisent pour repérer un développement inhabituel : ils ne posent pas de diagnostic à eux seuls, mais méritent d’être évoqués. Pour les autres grandes étapes de cet âge, consultez notre rubrique Petite enfance 1-3 ans.

Sources : Santé publique France, 1000-premiers-jours.fr (« Poser des limites à son enfant », « Les violences éducatives ordinaires ») ; loi n° 2019-721 du 10 juillet 2019 relative à l’interdiction des violences éducatives ordinaires ; grille officielle « Détecter les signes d’un développement inhabituel chez les enfants de moins de 7 ans », 2e édition, janvier 2024 ; Institut national de santé publique du Québec, « Mieux vivre avec notre enfant » (encadrement de l’enfant). Informations générales : elles ne remplacent pas l’avis d’un professionnel.

Questions fréquentes

Qu’est-ce que le « terrible two » ?

C’est le nom anglais donné à la période, autour de 2 ans, où l’enfant dit souvent « non », s’oppose et fait des colères intenses. Il découvre qu’il est une personne distincte, veut décider, mais n’a pas encore les moyens de gérer sa frustration. C’est une étape normale du développement.

À quel âge les colères s’arrêtent-elles ?

Elles diminuent progressivement. Selon le site officiel des 1000 premiers jours, jusqu’à 3 ou 4 ans le cerveau d’un enfant n’est pas assez mature pour se calmer seul ou supporter une frustration ; il en devient capable vers 5 ou 6 ans. D’ici là, il a besoin de l’aide d’un adulte calme.

Faut-il ignorer un enfant en pleine colère ?

Mieux vaut rester présent, calme, et l’aider à traverser l’émotion : se mettre à sa hauteur, nommer ce qu’il ressent, lui proposer un câlin s’il l’accepte. Rester présent ne veut pas dire céder : la limite posée reste valable.

Une fessée peut-elle calmer une crise ?

Non. La loi du 10 juillet 2019 interdit les violences éducatives ordinaires : l’autorité parentale s’exerce sans violences physiques ou psychologiques. Fessées, cris humiliants et menaces ne sont pas efficaces et perturbent le développement de l’enfant.

Quand s’inquiéter des colères d’un enfant ?

Si les colères sont très fréquentes, violentes, inconsolables, s’il se fait mal ou blesse les autres, si l’opposition est quasi systématique, ou si elles s’accompagnent d’un retard de langage ou de difficultés de relation, parlez-en au médecin ou au centre de PMI. Parlez-en aussi si vous vous sentez à bout.

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Mis à jour le 19 octobre 2026