Coliques du nourrisson : les reconnaître, les soulager et savoir quand s’inquiéter
Les coliques du nourrisson désignent des pleurs longs et inexpliqués chez un bébé en bonne santé, qui culminent vers 6 à 8 semaines et disparaissent en général vers 3 à 4 mois. Elles ne sont pas dangereuses, mais épuisantes. Voici comment les reconnaître, ce qui aide vraiment, et les signes qui doivent faire consulter sans attendre.
Par la rédaction · publié le · 5 min de lecture
Sommaire
Qu’appelle-t-on « coliques du nourrisson » ?
L’Assurance Maladie parle de « pleurs prolongés et inexpliqués du nourrisson, souvent appelés coliques du nourrisson ». Ils sont fréquents, atteignent leur maximum entre 6 et 8 semaines et peuvent durer jusqu’à 2 heures par jour.
Les médecins utilisent souvent la « règle des 3 », reprise par le manuel MSD (version grand public) : des pleurs et une agitation intenses, sans raison apparente, plus de 3 heures par jour, plus de 3 jours par semaine, pendant plus de 3 semaines, chez un nourrisson qui mange bien et grandit normalement.
| Repère | Ce qu’en disent les sources |
|---|---|
| Début | Au cours du premier mois de vie |
| Pic | Vers 6 à 8 semaines |
| Fin | Souvent assez soudaine, vers 3 à 4 mois |
| Durée des pleurs | Jusqu’à 2 heures par jour selon l’Assurance Maladie ; plus de 3 heures par jour dans la définition stricte |
| Croissance | Normale : bébé mange et prend du poids |
Rappel utile : même sans coliques, un bébé en bonne santé peut pleurer 2 à 3 heures par jour. Notre guide sur les pleurs de bébé explique comment décoder les autres causes de pleurs.
D’où viennent les coliques ?
Leur cause reste mal connue. Le manuel MSD souligne qu’aucun trouble intestinal ou abdominal n’a été démontré. Le ventre gonflé et les gaz que l’on observe pendant les crises seraient plutôt une conséquence des pleurs (bébé avale de l’air) qu’une cause. La fatigue fait aussi souvent pleurer, et l’Assurance Maladie note que trop de stimulations peuvent déclencher ou aggraver les pleurs.
Les coliques ne sont pas liées aux régurgitations : selon l’Assurance Maladie, ces pleurs prolongés peuvent survenir chez un bébé qui régurgite, mais sans relation avec ses régurgitations.
Comment soulager un bébé qui a des coliques
Il n’existe pas de solution miracle, mais plusieurs gestes simples, recommandés par l’Assurance Maladie et Santé publique France, apaisent beaucoup de bébés. Essayez-les l’un après l’autre, calmement.
- Vérifier les besoins de basePas de fièvre, pas faim, couche propre, ni trop ni pas assez couvert.
- Le prendre dans vos brasLe contact, le peau à peau chez un tout-petit et votre voix douce rassurent.
- Frotter doucement son ventreUn massage léger, dans le calme.
- La position sur l’avant-brasBébé à plat ventre sur votre avant-bras, dos contre votre ventre, tête dans le creux du coude, votre main entre ses jambes : Santé publique France la cite comme souvent apaisante en cas de mal de ventre.
- Le mouvementBercements lents et réguliers, promenade en porte-bébé ou en poussette.
- Le calmeLumière tamisée, peu de bruit : trop de stimulations entretiennent les pleurs. Un bruit régulier ou une musique douce calme certains bébés.
- La succion et le bainTéter (sein ou tétine) aide parfois à se détendre ; un bain à 37 °C aussi.
- Le rotFaites des pauses pendant la tétée et gardez bébé à la verticale après le repas pour qu’il évacue l’air avalé.
Après la crise, couchez toujours bébé à plat sur le dos, dans son lit, sans surélever sa tête ni ajouter de coussin : c’est la règle de couchage sûr rappelée par l’Assurance Maladie.
Alimentation, laits et produits : ce qu’il faut savoir
Si vous allaitez
Continuez l’allaitement. Il n’existe pas d’allergie au lait maternel, rappelle l’Assurance Maladie. Le manuel MSD évoque la possibilité, pour la mère, d’essayer de supprimer certains aliments (produits laitiers, boissons caféinées par exemple) : ne vous imposez pas de régime strict sans en parler à votre médecin ou à votre sage-femme. Notre guide de l’allaitement aide à vérifier la position et la prise du sein, qui limitent l’air avalé.
Si bébé prend le biberon
Vérifiez d’abord la préparation : une mesurette rase pour 30 ml d’eau, et pas de quantités excessives : on ne force jamais bébé à finir son biberon. Les repères sont dans notre article sur la quantité de lait de bébé. Ne changez pas de lait de vous-même, et pas plusieurs fois : une intolérance est rarement en cause quand bébé n’a pas d’autres symptômes. Les laits spécifiques se prennent sur avis médical.
Allergie aux protéines de lait de vache : quand y penser ?
L’Assurance Maladie indique qu’une allergie alimentaire est recherchée chez un nourrisson qui a des douleurs abdominales avec des coliques et des pleurs fréquents, surtout s’il y a des allergies dans la famille, ou en cas de vomissements et de diarrhées avec perte de poids. Seul le médecin peut poser ce diagnostic.
Médicaments, plantes et remèdes
Ne donnez aucun médicament, complément, tisane ou huile essentielle à un nourrisson sans avis médical. Le miel est interdit avant 1 an (risque de botulisme). Demandez conseil au médecin ou au pharmacien avant tout produit.
Signes d’alerte : ce ne sont peut-être pas des coliques
Consultez rapidement, et appelez le 15 en cas de signe grave, si les pleurs s’accompagnent de :
- fièvre (plus de 38 °C ; avant 3 mois, toute fièvre se consulte en urgence) ou au contraire une température rectale très basse ;
- vomissements verts, sanglants ou en jet ;
- selles anormales : diarrhée, constipation, sang ou glaires ;
- somnolence inhabituelle, bébé mou, qui sourit moins ou tète faiblement ;
- gêne respiratoire ;
- refus de boire, prise de poids insuffisante ;
- pleurs toute la journée, presque sans répit, ou pleurs qui ne ressemblent pas aux pleurs habituels ;
- bleus ou autres signes de blessure.
Sans signe d’alerte, si les pleurs persistent malgré ces gestes, consultez : le médecin examinera bébé et vous dira s’il s’agit bien de coliques. En cas de fièvre, nos repères sur la fièvre de bébé précisent quand consulter selon l’âge.
Tenir le coup quand bébé pleure tous les soirs
Les coliques mettent les parents à rude épreuve. Relayez-vous, acceptez l’aide de proches de confiance, et parlez de votre fatigue au médecin ou à la PMI. Les semaines qui suivent la naissance sont aussi celles de votre récupération, abordée dans notre guide du post-partum.
Si vous sentez que vous perdez patience, couchez bébé sur le dos dans son lit, sortez de la pièce quelques minutes et respirez. Vous pouvez appeler Allô parents bébé au 0 800 00 34 56 (du lundi au vendredi, 10 h-13 h et 14 h-18 h) ou le 119, 24 h/24. Ne secouez jamais un bébé : le geste peut le tuer ou le laisser handicapé à vie.
Tous nos guides de la première année sont rassemblés dans la rubrique Bébé 0-12 mois.
Sources : Assurance Maladie, ameli.fr (« Régurgitations du nourrisson : que faire ? », « Syndrome du bébé secoué », « Allergie : symptômes et diagnostic ») ; Santé publique France, 1000-premiers-jours.fr (« Les pleurs de bébé ») ; manuel MSD, version grand public, « Colique » (révision de novembre 2025). Informations générales : seul le médecin peut confirmer des coliques.
Questions fréquentes
Qu’est-ce que les coliques du nourrisson ?
Ce sont des pleurs prolongés et inexpliqués chez un bébé par ailleurs en bonne santé, qui mange et grossit bien. Les médecins retiennent souvent la « règle des 3 » : des pleurs plus de 3 heures par jour, plus de 3 jours par semaine, pendant plus de 3 semaines. L’Assurance Maladie parle de « pleurs prolongés du nourrisson ».
Jusqu’à quel âge durent les coliques ?
Elles commencent en général au cours du premier mois, sont les plus intenses vers 6 à 8 semaines, puis disparaissent le plus souvent vers 3 à 4 mois, parfois assez brusquement.
Faut-il changer de lait en cas de coliques ?
Pas de vous-même. Une intolérance ou une allergie au lait est rarement en cause quand bébé n’a pas d’autres symptômes (vomissements, diarrhée, mauvaise prise de poids). Changer souvent de lait n’est pas conseillé : parlez-en au médecin, qui jugera si un essai est utile. Si vous allaitez, continuez.
Les coliques sont-elles dues aux gaz ?
Pas forcément. Le ventre gonflé et les gaz peuvent être une conséquence des pleurs, car bébé avale de l’air en pleurant, plutôt que leur cause. Aucun trouble intestinal n’a été démontré dans les coliques. Faire faire un rot après la tétée reste utile.
Quand consulter pour des coliques ?
Si les pleurs persistent malgré les gestes d’apaisement, pour que le médecin vérifie qu’il s’agit bien de coliques. En urgence s’il y a de la fièvre (ou une température rectale très basse), des vomissements verts ou en jet, du sang dans les selles, une somnolence inhabituelle, une gêne respiratoire, un refus de boire ou une mauvaise prise de poids.
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Mis à jour le 19 octobre 2026