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Déroulement de l’accouchement : les étapes, de la dilatation à la délivrance

Le déroulement de l’accouchement par voie basse suit trois étapes : la dilatation du col de l’utérus, l’expulsion du bébé, puis la délivrance du placenta, suivies de deux heures de surveillance en salle de naissance. Voici ce qui se passe à chaque étape, combien de temps cela dure en moyenne et quelles aides existent, d’après l’Assurance maladie et la Haute Autorité de santé (HAS).

Par la rédaction · publié le · 6 min de lecture

Sommaire
  1. L’accouchement en un coup d’œil
  2. L’arrivée à la maternité
  3. Étape 1 : la dilatation du col
  4. Étape 2 : l’expulsion
  5. Étape 3 : la délivrance
  6. Les deux premières heures avec bébé
  7. Quand l’accouchement est déclenché
  8. Questions fréquentes
Illustration d’un cœur posé sur une couverture de naissance

L’accouchement en un coup d’œil

ÉtapeCe qui se passeDurée moyenne (Assurance maladie)
1. DilatationLes contractions ouvrent progressivement le col jusqu’à 10 cmEnviron 8 h pour un premier bébé, environ 4 h ensuite
2. ExpulsionLe bébé descend, la mère pousse, le bébé naîtUne trentaine de minutes
3. DélivranceLe placenta est expulsé20 à 30 minutes après la naissance
SurveillanceMère et bébé restent en salle de naissanceEnviron 2 heures

Ces durées sont des moyennes. Le travail peut être plus long ou plus court, et l’équipe adapte la prise en charge à chaque situation. Pour reconnaître le moment de partir, relisez les signes de l’accouchement.

L’arrivée à la maternité

À votre arrivée, la sage-femme prend connaissance de votre dossier de suivi et, si vous en avez un, de votre projet de naissance. La HAS recommande qu’elle évalue la fréquence, l’intensité et la durée des contractions, votre douleur, votre pouls, votre tension et votre température, et qu’elle vous demande si vous avez perdu du liquide. Si vous semblez être en travail, un toucher vaginal vous est proposé pour mesurer l’ouverture du col.

Elle s’assure aussi que vous avez senti bouger le bébé dans les 24 heures précédentes et écoute son cœur, soit par auscultation, soit par un enregistrement (le monitoring, deux capteurs posés sur le ventre).

Étape 1 : la dilatation du col

Sous l’effet des contractions, le col de l’utérus raccourcit puis s’ouvre, jusqu’à la dilatation complète de 10 cm. La HAS distingue deux phases :

  • la phase de latence, qui commence avec les premières contractions régulières, avec ou sans modification du col. Sa durée normale n’est pas connue : c’est le temps où l’on s’adapte aux contractions, souvent encore à la maison ;
  • la phase active, qui commence entre 5 et 6 cm de dilatation et se termine à dilatation complète. Les contractions sont plus rapprochées et plus intenses.

Ce que fait l’équipe pendant la dilatation

Selon les recommandations de la HAS, la surveillance comprend au minimum la prise du pouls, de la tension et de la température toutes les quatre heures, une évaluation des contractions toutes les 30 minutes pendant la phase active, et un toucher vaginal proposé toutes les deux à quatre heures (ou plus tôt si vous le demandez). Le rythme cardiaque du bébé est suivi en continu ou par intervalles, selon la situation.

Bouger, boire, se soulager

La HAS recommande que toutes les femmes puissent bénéficier d’un soutien continu et changer régulièrement de position. Les liquides clairs sont autorisés pendant tout le travail chez les femmes à faible risque d’anesthésie générale ; les aliments solides sont déconseillés pendant la phase active.

Pour la douleur, plusieurs options existent :

  • les méthodes sans médicament : bain ou douche chaude, relaxation, massages, changements de position, acupuncture ou hypnose selon les maternités ;
  • la péridurale : posée par un médecin anesthésiste, elle diffuse un produit anesthésiant par un fin cathéter dans le bas du dos. Elle supprime la douleur des contractions sans faire perdre conscience, et la femme peut souvent ajuster elle-même les doses grâce à une pompe. Selon l’enquête nationale périnatale de 2021 citée par l’Assurance maladie, 82,7 % des femmes en ont bénéficié.

Nous consacrerons un article complet à la péridurale. D’ici là, posez vos questions à la sage-femme ou à l’anesthésiste avant le jour J.

Quand le travail ralentit

Si la dilatation progresse trop lentement pendant la phase active, l’équipe peut proposer une rupture de la poche des eaux ou de l’oxytocine, une hormone qui renforce les contractions. Toute intervention non urgente doit vous être expliquée et faire l’objet de votre consentement, rappelle la HAS.

Étape 2 : l’expulsion

Le deuxième stade commence à la dilatation complète et se termine à la naissance. La HAS distingue d’abord une phase de descente, pendant laquelle le bébé s’engage dans le bassin, puis la phase d’expulsion avec les efforts de poussée. Elle recommande de ne pas pousser dès la dilatation complète mais de laisser le bébé descendre, et de commencer les poussées quand l’envie de pousser est impérieuse ou que le bébé est assez bas.

Selon l’Assurance maladie, l’expulsion dure une trentaine de minutes. Le plus souvent, le bébé se présente tête en bas : une fois la tête sortie, le corps glisse sans difficulté. Aucune technique de poussée n’est recommandée plutôt qu’une autre.

Les aides possibles

  • L’épisiotomie : une incision du périnée, pratiquée dans certains cas. Elle concernait 8,3 % des accouchements en 2021, contre 20,1 % en 2016 (enquête nationale périnatale).
  • L’extraction instrumentale : ventouse, forceps ou spatules, sous anesthésie, quand le bébé a besoin d’aide pour sortir.
  • La césarienne : si l’accouchement par voie basse devient difficile ou impossible, ou si le cœur du bébé montre des signes de souffrance, la naissance se fait par césarienne au bloc opératoire. Elle peut aussi être programmée à l’avance pour raison médicale. Nous y consacrerons un article à part.

Étape 3 : la délivrance

La délivrance est la sortie du placenta. Elle a lieu 20 à 30 minutes après la naissance, selon l’Assurance maladie. Une injection d’oxytocine est habituellement faite pour prévenir une hémorragie ; la HAS la considère comme faisant partie de l’accompagnement normal. Si le placenta ne sort pas ou en cas de saignement important, le médecin ou la sage-femme le retire : c’est la délivrance artificielle.

Une éventuelle déchirure ou une épisiotomie est ensuite suturée.

Les deux premières heures avec bébé

Si le bébé respire bien, crie et a un bon tonus, la HAS recommande de le poser aussitôt en peau à peau contre sa mère, si elle le souhaite, de le sécher, de lui mettre un bonnet et de le couvrir. Le cordon est coupé ; un clampage retardé, au-delà des trente premières secondes, est préconisé quand le bébé n’a pas besoin d’être réanimé.

  • Le score d’Apgar (respiration, cœur, tonus, réactivité, couleur) est évalué à une et cinq minutes.
  • Les soins de routine (pesée, mesures, température) sont différés au moins après la première heure.
  • Une première dose de vitamine K est donnée par la bouche dans les deux heures.
  • La première tétée est encouragée dès que possible, si la mère souhaite allaiter : notre guide de l’allaitement détaille les premiers jours.

La mère et le bébé sont surveillés de près pendant ces deux heures (au moins toutes les 15 minutes la première heure), puis rejoignent la chambre. La suite se passe en suites de couches : notre article sur le séjour à la maternité décrit les jours suivants.

Chaque accouchement est différent. Le plus utile est de connaître les grandes étapes, de dire à l’équipe ce qui compte pour vous et de poser toutes vos questions : elle est là pour vous expliquer chaque geste.

Quand l’accouchement est déclenché

L’accouchement peut être déclenché pour une raison médicale : dépassement du terme, maladie présente avant ou apparue pendant la grossesse (diabète, hypertension), ou signes de souffrance du bébé. Selon l’Assurance maladie, 25,8 % des accouchements ont été déclenchés en 2021. Le travail suit ensuite les mêmes étapes.

Pour tout préparer en amont, de la valise de maternité aux démarches, la rubrique Naissance rassemble nos guides.

Sources : ameli.fr, « Accouchement » (dossier Devenir parent, chiffres de l’enquête nationale périnatale 2021) ; Haute Autorité de santé, « Accouchement normal : accompagnement de la physiologie et interventions médicales » (recommandation de bonne pratique, décembre 2017). Information générale : votre équipe adapte la prise en charge à votre situation.

Questions fréquentes

Combien de temps dure un accouchement ?

Selon l’Assurance maladie, la dilatation du col dure en moyenne environ 8 heures pour un premier bébé et environ 4 heures quand on a déjà accouché. L’expulsion dure une trentaine de minutes et la délivrance a lieu 20 à 30 minutes après la naissance. Ces durées sont des moyennes : chaque accouchement est différent.

Quelles sont les étapes de l’accouchement ?

Il y en a trois : la dilatation du col de l’utérus jusqu’à 10 cm, l’expulsion (la naissance du bébé) et la délivrance (la sortie du placenta). Les deux heures qui suivent sont un temps de surveillance rapprochée de la mère et du bébé.

Peut-on manger et boire pendant le travail ?

La HAS autorise les liquides clairs (eau, thé ou café sans lait, jus sans pulpe) pendant tout le travail chez les femmes à faible risque d’anesthésie générale, et recommande de ne pas consommer d’aliments solides pendant la phase active. Suivez les consignes de votre équipe.

À quel moment pose-t-on la péridurale ?

La péridurale est posée par un médecin anesthésiste pendant la phase de dilatation ; l’Assurance maladie indique qu’elle est posée au début du travail. Le moment exact se décide avec l’équipe. Elle supprime la douleur des contractions sans faire perdre conscience.

Que se passe-t-il juste après la naissance ?

Si tout va bien, le bébé est posé en peau à peau sur sa mère, séché et couvert. Les soins de routine (pesée, mesures) sont différés. La mère et l’enfant restent en salle de naissance sous surveillance pendant environ deux heures avant de rejoindre la chambre.

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Mis à jour le 19 octobre 2026